Le livre « Venezia peinte par Sergei Chepik » est un ouvrage d’art qui célèbre la vision singulière de Venise par le peintre Sergei Chepik, en la racontant et en la contextualisant par le texte de Marie‑Aude Albert‑Chepik.



Objet éditorial et maquette
Le livre se présente comme un volume relié, de format plutôt carré, avec une couverture rigide illustrée par une toile de Chepik montrant une Venise vaporeuse, à la fois réaliste et presque onirique. La maquette privilégie une mise en page très aérienne, avec de larges marges et une typographie serif élégante, qui renvoie immédiatement à l’édition de beaux‑livres d’art.
À l’intérieur, chaque double page met en scène un dialogue très lisible entre texte et image : une pleine page ou une grande reproduction se trouve généralement en vis‑à‑vis d’une page de texte structuré en colonnes, ce qui permet de lire le commentaire tout en gardant l’œuvre sous les yeux. Le rythme de lecture alterne ainsi contemplations silencieuses et temps d’analyse, donnant à l’ouvrage une dimension quasi muséale, comme une exposition que l’on feuilleterait.
La Venise de Sergei Chepik
Sergei Chepik, peintre d’origine russe dont le site officiel rappelle l’importance de l’œuvre picturale et graphique, a consacré une partie de sa carrière à Venise, ville‑théâtre particulièrement propice à son imaginaire. Dans le livre, les vues de canaux, les façades trouées de lumière et les reflets flottants s’inscrivent dans une palette subtile, où les gris bleutés et les ocres sourds créent une atmosphère à la fois mélancolique et vibrante.
Chepik ne se contente pas de représenter la ville comme un décor pittoresque : ses compositions densifient l’espace, entremêlant perspectives, silhouettes et signes symboliques, comme le laisse deviner la grande reproduction pleine page visible sur la maquette intérieure. Cette Venise-là est moins une carte postale qu’un lieu mental, où l’histoire, la mémoire et la spiritualité se superposent, ce que le site officiel met également en avant en présentant Chepik comme un artiste profondément nourri de culture européenne et de tradition iconographique.
Texte de Marie‑Aude Albert‑Chepik
Le texte de Marie‑Aude Albert‑Chepik s’organise en sections titrées, disposées en colonnes claires, ce qui suggère une approche à la fois littéraire et critique du travail du peintre. L’autrice adopte manifestement une écriture de commentaire d’art, attentive aux détails des tableaux et à ce qu’ils révèlent de la personnalité de Chepik et de sa relation à Venise.
Parce qu’elle fut proche de l’artiste, son regard articule dimensions biographique et esthétique, reliant les vues vénitiennes à des épisodes de vie, à des voyages ou à des obsessions plastiques récurrentes que l’on retrouve évoquées dans la présentation de l’artiste sur son site officiel. Le texte ne se contente pas d’accompagner les images : il guide le lecteur, propose des pistes d’interprétation et cadre la réception des œuvres, comme le ferait un commissaire d’exposition.
Iconographie et narration visuelle
L’iconographie du livre combine grandes reproductions de tableaux et images plus intimes, comme le suggère la présence, en fin d’ouvrage ou dans les pages liminaires, d’une photographie personnelle de l’artiste en compagnie de proches. Cette photo, encadrée sur fond sombre, fait office de contrechamp humain à la dimension monumentale de la peinture, rappelant que ces visions de Venise sont l’aboutissement d’un regard singulier, inscrit dans une histoire vécue.
La succession des œuvres semble construire une véritable narration visuelle : panoramas de lagune, fragments d’architecture, scènes animées ou plus allusives composent un parcours qui permet de traverser la ville sous différents angles. Le livre fonctionne alors comme un carnet de voyage sublimé, où chaque tableau devient une étape, un chapitre autonome, mais relié aux autres par la constance de la touche de Chepik et par le fil de la prose de Marie‑Aude Albert‑Chepik.
Un hommage éditorial à l’artiste
En tant qu’objet éditorial, « Venezia peinte par Sergei Chepik » s’inscrit dans la tradition des monographies d’artistes, avec une fabrication soignée, une reliure solide et un soin particulier apporté aux aplats de couleur qui entourent certaines reproductions, ici un ton rose poudré qui valorise le tableau reproduit en pleine page. Ce dispositif rappelle la volonté de faire du livre un écrin, au même titre qu’une salle d’exposition, pour une œuvre picturale que le site officiel présente comme marquée par une exigence technique et spirituelle.
L’ouvrage apparaît ainsi comme un hommage double : hommage à Venise, ville‑muse éternelle des peintres, et hommage à Sergei Chepik, dont la vision de la cité des eaux prolonge une tradition picturale tout en y apportant une sensibilité personnelle, teintée d’exil et de contemplation méditative. Pour le lecteur, feuilleter ce livre revient à entrer dans la Venise intérieure de Chepik, guidé par la voix de Marie‑Aude Albert‑Chepik qui donne aux images leur profondeur narrative et affective.
